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Alors forcément, comme dans “freelance” il y a “free”, on pense tout de suite à la liberté (“free” peut aussi signifier “gratuit” mais étonnament on y pense moins). Et c’est vrai qu’on se sent plus libre quand on n’a pas les contraintes imposées par un employeur.

Le cliché habituel 🙂

Je vais parler ici de ce que je connais, à savoir d’un développeur qui passe d’employé (de SSII ou non) à freelance dans la prestation de services informatiques. Toute fois, je pense que la plupart des points sont applicables à beaucoup d’autres métiers.

Le choix dans les conditions de travail

Ce qui apparaît très vite, c’est qu’on peut réellement choisir son cadre. Par exemple, pour un poste nécessitant de se rendre chez le client, travailler à temps partiel est possible beaucoup plus facilement. En tant que salarié en CDI, sauf bonne raison (ex : “j’ai un enfant en bas âge”), on ne change pas souvent un contrat temps plein en temps partiel selon ses envies. Alors qu’en tant que freelance c’est bien plus simple, surtout si on en parle dès le départ avec le client. Ca peut même être un levier de négociation pour un tarif que le client juge trop élevé : le tarif ne bouge pas mais on ne va travailler que 4 jours sur 5. Et hop, ça rentre dans le budget du client.

On peut aussi mieux choisir son poste. En SSII, j’ai eu parfois (mais rarement) le sentiment d’être poussé à accepter une mission qui m’attirait peu. C’est nettement plus simple en tant que freelance, même si ce n’est pas toujours possible. Ne serait-ce que lors de la proposition d’un appel d’offre où, en tant que salarié, on pouvait me dire “vas-y quand même pour voir”, alors qu’aujourd’hui je vois d’entrée que ça ne va pas le faire.
Je me souviens d’une fois où j’ai subi 2 mois d’inter-contrat dans ma SSII. Sur la fin, on m’a poussé clairement à accepter une mission qui ne me branchait pas. Résultat, 2 semaines après le début de la mission, j’ai demandé à en sortir rapidement. J’aurais pu démissionner si cela n’avait pas été possible car rien n’allait. Par contre, en juin 2017, j’ai subi 2 mois d’inactivité suite à une fin de mission imprévue. Dès le départ, j’ai regardé mon budget et je me suis donné 3 à 4 mois pour bien prendre le temps de choisir la mission suivante, en refusant directement tous les appels d’offres qui ne me semblaient pas aller dans mon sens. Bien m’en a pris : 1 mois et demi plus tard, j’ai trouvé un super poste grâce à mon réseau.
Quoi qu’il en soit, j’ai vécu les 2 situations de façon très différente.

Le choix dans l’administratif

Bye bye les décomptes des congés…

Choisir ses congés est réduit à sa plus simple expression. On se met d’accord avec le client et c’est tout. En CDI, avant de prendre des congés, je regardais combien de jours il me restait, je devais choisir un type de congé (payé ? RTT ? Autre ?), sachant que certains étaient valables jusqu’en décembre et d’autres jusqu’en mai… sans parler de la première année passée dans une entreprise où, trop souvent, on ne peut prendre que des congés anticipés jusqu’au 1er juin de l’année suivante. Et encore, toutes les entreprises ne le permettent pas !
Idem pour les absences non prévues. Un enfant malade ? Une insomnie ? Une soirée trop arrosée ? J’informe mon client que je serai absent et c’est fini. Pas besoin d’aller chez le médecin pour avoir un arrêt de travail ; ça m’arrange parce que je n’ai pas besoin de bouger et ça arrange le médecin (et surtout ses autres patients) parce que ça laisse de la place dans la salle d’attente pour un vrai malade.

On choisit sa protection sociale. Dit comme ça, c’est sûr que ça ne fait pas rêver. Mais êtes-vous satisfait de votre mutuelle ? Est-elle adaptée, pas trop chère ? Si vous êtes jeune, sans enfant, travaillez dans une entreprise avec une moyenne d’âge assez élevée et que vous n’allez chez le médecin qu’une fois par an pour faire un certificat médical pour le sport, il est fort possible que la mutuelle couvre un peu trop de choses par rapport à vos besoins. C’est pareil pour la prévoyance ; si jamais vous avez un gros coup dur, comment êtes-vous assuré(e) ? Toucherez-vous des indemnités suffisantes par rapport à votre revenu habituel ? Sous quelles conditions ?
Bref, ce sont des sujets auxquels on ne pense pas forcément quand on est salarié mais sur lesquels on doit se pencher en tant que freelance. Et on découvre vite ce qui est plus avantageux.

Pas la même pression

Souvent, dans le dev, plus on a d’expérience et plus il est difficile de grimper en salaire sur un même poste. L’employeur cherche à nous faire évoluer dans la hiérarchie (management, chef de projet…) ou nous demande de nous investir dans des initiatives annexes qui demandent plus de travail de communication, commercial… des évolutions qui sont chronophages et qui débordent sur le reste très rapidement. Ce n’est pas un vrai sujet pour un freelance. Bien sûr, il faut savoir se vendre et communiquer, mais c’est directement lié à ce que l’on fait, ce n’est pas une activité supplémentaire. C’est là qu’on se rend compte que les fonctions support comme les commerciaux ou les comptables ne sont pas là pour rien !

La conférence NCrafts en 2015

Ensuite, dans une SSII, l’accès aux conférences est encadré. Par exemple, si on est déjà allé à 2 conférences de 2 jours cette année, ça va être compliqué pour une 3ème. Idem pour une conf à l’étranger si la SSII n’a pas vocation à s’étendre à l’étranger, ça peut être simplement refusé. Ou alors va falloir négocier, argumenter… alors qu’en tant que freelance, on fait son budget et on choisit ses conférences, surtout que la TVA est déduite, donc on ne paiera que le prix HT de chaque conférence. C’est là que les mots “je suis mon propre patron” prennent tout leur sens.

La liberté a un prix ! Chaque jour non travaillé est un jour où on ne gagne rien, il n’y a pas de notion de congé payé. Cela peut rapidement induire du stress si on se met à réfléchir “un jour de congé = XXX € perdus”, sans parler de l’inactivité non choisie comme une fin de mission ou tout simplement une bonne grippe. C’est là que faire un budget prévisionnel est important. Il n’y a pas besoin de faire beaucoup de calculs mais j’y reviendrai dans un autre article.

 

Euh… vous êtes sûrs pour la citation là ?

Au final, ce que l’on peut retenir de tout ça, c’est que l’on a beaucoup plus de possibilités mais du coup plus de conséquences à gérer. Rien de révolutionnaire 🙂
Par contre, ce qui l’est plus, c’est l’impact de ces possibilités : temps et rythme de travail, adéquation du poste, formations… qui sont des sujets cruciaux dans la vie professionnelle. Il me semble donc logique que d’avoir un meilleur contrôle dessus permette un meilleur épanouissement.